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Avec les grandes vacances scolaires, les rues de Conakry et de plusieurs villes de l’intérieur du pays voient réapparaître de nombreux enfants engagés dans le petit commerce ambulant. Munis de bassines ou de cartons remplis de fruits, d’eau, de biscuits ou d’autres marchandises, ces tout-petits sillonnent les carrefours et les embouteillages, souvent sous un soleil de plomb ou sous la pluie.
Cette situation suscite de nombreuses réactions au sein de la population. Si certains citoyens y voient une conséquence des difficultés économiques auxquelles font face de nombreuses familles, d’autres s’inquiètent des risques auxquels ces enfants sont exposés : accidents de la circulation, exploitation, violences, déscolarisation et atteintes à leur santé. Des observateurs soulignent également que le phénomène tend à s’intensifier pendant les vacances scolaires.
« Un enfant devrait profiter de ses vacances pour se reposer, apprendre autrement ou jouer, et non passer toute la journée au milieu de la circulation, » estime Mariama Camara, rencontrée au carrefour de Cosa.
Pour Ibrahima Diallo, conducteur de taxi, la présence de très jeunes vendeurs dans les embouteillages est devenue préoccupante. « À tout moment, un enfant peut être percuté par un véhicule. Nous assistons à des scènes très dangereuses chaque jour », déplore-t-il.
D’autres citoyens invitent toutefois à ne pas porter un jugement hâtif sur les parents. Selon eux, la précarité économique pousse certaines familles à faire participer leurs enfants à de petites activités génératrices de revenus pendant les vacances. Ils appellent plutôt à un accompagnement social et économique des ménages les plus vulnérables.
Les défenseurs des droits de l’enfant rappellent que les enfants doivent bénéficier de leur droit à l’éducation, à la protection et aux loisirs. Ils plaident pour un renforcement des campagnes de sensibilisation, un meilleur suivi des enfants en situation de vulnérabilité et des mesures de soutien aux familles afin de réduire le recours au travail des mineurs.
Au-delà des divergences d’opinion, un constat fait largement consensus : protéger les enfants reste une responsabilité collective. Pour de nombreux Guinéens, les vacances devraient être une période d’épanouissement et d’apprentissage, plutôt qu’un temps d’exposition aux dangers de la rue.
Diaby Amadou
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