lundi, septembre 21, 2026

Guinée : 5 septembre 2021 – 5 septembre 2026 : cinq ans après le coup d’État, quel bilan les Guinéens tirent-ils ?

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Il y a exactement cinq ans, le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya annonçait à la télévision la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et l’arrestation du président Alpha Condé. Les institutions avaient été dissoutes et la Constitution suspendue.
Cinq ans plus tard, le paysage politique guinéen a profondément changé. La transition militaire s’est achevée avec l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections, tandis que Mamadi Doumbouya, désormais président de la République, a été investi en janvier 2026 après l’élection présidentielle de décembre 2025.
Mais au-delà des cérémonies officielles et des chiffres avancés par les autorités, une question demeure : qu’est-ce que les Guinéens retiennent réellement de ces cinq années de pouvoir ?
Pour les soutiens du pouvoir, le premier bilan est celui des investissements et de la transformation des infrastructures. Routes, voiries urbaines, équipements publics, énergie et projets miniers figurent parmi les principaux arguments avancés pour défendre l’action du CNRD.
Le projet Simandou occupe notamment une place centrale dans la stratégie économique présentée par les autorités. Le gouvernement met également en avant des progrès dans l’accès à l’eau, l’énergie, les infrastructures et l’industrialisation. Selon le troisième Rapport national volontaire présenté en 2026, le taux d’accès à un service élémentaire d’approvisionnement en eau est passé de 61,9 % en 2017 à 73,4 % en 2025, tandis que la capacité hydroélectrique installée atteint 765 MW.
Ces résultats alimentent, chez une partie de la population, le sentiment que le pays a engagé une nouvelle dynamique de développement.
Depuis septembre 2021, le pouvoir a également placé la refondation de l’État au centre de son discours.
La création de nouvelles structures, la réorganisation administrative, les réformes institutionnelles et la lutte annoncée contre la corruption ont constitué des axes importants de la gouvernance du CNRD.
Le procès du massacre du 28 septembre 2009, notamment, a été considéré par certains observateurs comme une avancée importante dans la lutte contre l’impunité. La relance du projet Simandou a également été présentée comme l’un des dossiers majeurs de la période.
Mais le bilan des cinq dernières années ne fait pas l’unanimité.
La question des droits humains, de la liberté de la presse et du droit de manifester demeure l’un des principaux sujets de critique. Des organisations de défense des droits humains et des acteurs de la société civile ont dénoncé des restrictions, des arrestations et des violences liées aux manifestations politiques.
La situation des médias privés a également suscité des inquiétudes, avec des fermetures et des restrictions dénoncées par plusieurs organisations et professionnels de la presse.
Pour certains Guinéens, ces difficultés constituent une contradiction avec les promesses initiales du 5 septembre 2021, lorsque les nouvelles autorités affirmaient vouloir construire un État plus juste et plus respectueux des citoyens.
Cinq ans après le 5 septembre 2021, les appréciations varient donc fortement.
Les partisans du pouvoir évoquent les infrastructures, les réformes, les projets économiques, le renouvellement institutionnel et la fin de la transition.
Ses détracteurs, eux, mettent davantage l’accent sur la restriction de l’espace politique, les difficultés rencontrées par certains partis, les atteintes aux libertés publiques et la pression exercée sur les médias.
Cette divergence d’appréciation montre que le bilan du CNRD ne peut pas être réduit à une simple opposition entre « réussite » et « échec ». Il s’agit plutôt d’un bilan à plusieurs dimensions, où les avancées économiques et infrastructurelles doivent être mises en regard de la situation politique et des libertés publiques.
Le 5 septembre 2021 avait suscité de fortes attentes au sein de la population. Cinq ans plus tard, les Guinéens sont appelés à juger la période à partir des résultats concrets : amélioration des conditions de vie, emplois, infrastructures, justice, sécurité, démocratie, liberté de la presse et participation politique.
Au fond, le véritable bilan du 5 septembre ne se résume ni aux discours du pouvoir ni aux critiques de l’opposition. Il se mesure surtout à la perception quotidienne des citoyens et à leur capacité à constater, dans leur vie, les changements annoncés.
Cinq ans après la chute d’Alpha Condé, la question centrale demeure donc : le 5 septembre 2021 a-t-il réellement marqué le début d’une nouvelle ère pour la Guinée, ou simplement le début d’un nouveau cycle politique ?
Rédaction de média Plume Guinée.
L’information juste, au bon moment.

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